La loi « Cazenave » du 30 juin 2025 contre toutes les fraudes aux aides publiques entend sécuriser les travaux de rénovation énergétique et mieux encadrer la qualification RGE. Elle introduit plusieurs mesures qui concernent directement les professionnels du bâtiment et leurs clients. Hellio vous explique ce que change concrètement cette loi pour les entreprises.
Pour que vos travaux soient toujours conformes
Contexte de la rénovation énergétique : pourquoi la loi Cazenave ?
La création de MaPrimeRénov’ en 2020 marque le début de la dynamique des aides publiques pour la rénovation des logements. Depuis, l’État a multiplié les dispositifs d’aides comme les CEE (Certificat d’Économie d’Énergie), l’éco prêt à taux zéro (éco-PTZ), les aides de l’ANAH (Agence Nationale de l’Habitat)… En parallèle, les fraudes se sont densifiées.
L'ESSENTIEL HELLIO :
- La loi Cazenave du 30 juin 2025 renforce la lutte contre les fraudes aux aides publiques : contrôles accrus, échanges de données entre administrations, sanctions financières plus sévères pour les fraudeurs.
- Dans le secteur de la rénovation énergétique, la sous-traitance est davantage encadrée. Le démarchage commercial non sollicité est interdit et les professionnels doivent mieux informer leurs clients sur leur statut RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) et leurs sous-traitants.
- Le label RGE devient un enjeu stratégique majeur : obligations de transparence, possibilité de suspension ou de retrait du label en cas de manquement, exclusion temporaire des dispositifs de qualification pour les entreprises fautives.
- La fiabilité du DPE est également renforcée grâce à de nouveaux outils de vérification (annuaire, QR codes) et à des sanctions plus strictes contre les diagnostiqueurs, mandataires ou accompagnateurs impliqués dans des pratiques frauduleuses.
Contexte de la rénovation énergétique : pourquoi la loi Cazenave ?
La création de MaPrimeRénov’ en 2020 marque le début de la dynamique des aides publiques pour la rénovation des logements. Depuis, l’État a multiplié les dispositifs d’aides comme les CEE (Certificat d’Économie d’Énergie), l’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ), les aides de l’ANAH (Agence Nationale de l’Habitat)… En parallèle, les fraudes se sont densifiées.
LE CHIFFRE HELLIO : 211 milliards d'€
Les aides publiques aux entreprises représentaient 211 milliards d’euros en 2023 (source : PublicSénat).
Quels sont les types de fraudes autour des aides publiques ?
Parmi les escroqueries les plus recensées figurent :
- les fraudes commerciales avec des promesses d’aides inexistantes aux clients par des entreprises ou encore des démarchages illégaux se faisant passer pour l’État,
- les arnaques administratives avec usurpation d’identité de ménages ou faux devis gonflés,
- les sociétés éphémères ou entreprises fantômes que ciblent directement la loi (création rapide d’entreprise qui encaissent les aides avant de disparaître) ou encore des non-conformités ou fausses qualifications (abus du label RGE),
- des travaux inexistants ou bâclés, une sous-traitance opaque ou en cascade.

Les conséquences sont lourdes avec :
- une confiance des particuliers qui se dégrade,
- un risque de discrédit de la filière face à une minorité de professionnels peu scrupuleux.
L’État a alors jugé urgent de sécuriser les fonds publics et de protéger les ménages tout comme les entreprises qualifiées.
Quelles sont les mesures de la loi du 30 juin 2025 ?
L’INFO HELLIO :
La loi n°2025-594 dite loi Cazenave, en référence au député Thomas Cazenave qui l’a portée, a été promulguée le 30 juin 2025.
Face au nombre toujours plus important de dérives est née la proposition de loi Cazenave contre toutes les fraudes aux aides publiques. Son objectif : renforcer la prévention, la détection et la sanction des fraudes autour de toutes les aides accordées par l’État. Il s’agit notamment des aides MaPrimeRénov’, du dispositif des Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) mais aussi des aides à la formation… (legifrance.gouv.fr - Loi n°2025-694). Cette loi ne vise pas simplement à sanctionner les fraudeurs. Elle entend également rétablir une concurrence loyale et protéger les entreprises de rénovation.
Les évolutions réglementaires générales
Parmi les mesures générales concernant toutes les aides publiques :
- Une suspension ou un rejet des aides en cas de soupçon de fraude
Si des preuves de fraude de l’entreprise ou un manquement délibéré sont apportés, le versement ou l’octroi de l’aide publique peut être suspendue durant 3 mois avec reconduction.
- Une hausse des pénalités appliquées aux fraudeurs
Si le bénéficiaire d’une aide publique a fourni de fausses informations, il devra s’acquitter, en plus du montant de l’aide à rembourser, d’une majoration. Le taux des pénalités sera de 100 % en cas de manœuvres frauduleuses (contre 80 % avant) et de 50 % face à un manquement délibéré (au lieu de 40 % avant) (source : economie.gouv.fr). Les amendes deviennent donc plus élevées aujourd’hui et les sanctions administratives plus rapides pour dissuader les fraudeurs.
- Le renforcement des échanges d’informations entre administrations
La DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes), l’ADEME (l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), l’ANAH (Agence nationale de l’habitat) et la CRE (Commission de Régulation de l’énergie) échangent les données entre elles pour détecter plus rapidement les fraudes aux aides à la rénovation.
- Les rôles de la DGCCRF et de l’inspection générale des finances ont également été étendus
Ces administrations ont un pouvoir d'enquête et de sanctions élargi et un accès aux données nécessaires.
- Une sanction en cas d’absence d’immatriculation au RNE (registre national des entreprises)
Toute entreprise qu’elle soit commerciale, indépendante ou artisanale, n’étant pas conforme s’expose à une amende s’élevant à 7 500 euros. Avant la loi du 30 juin 2025, la non-immatriculation n’était pas punie. Aujourd'hui, l'action vise ainsi à réduire les entreprises éphémères, lutter contre le travail dissimulé, empêcher les professionnels ne disposant pas des qualifications adéquates de gérer une entreprise. Pour rechercher et déceler ce manquement aux formalités, des agents de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes agissent en ce sens (source : service-public.gouv.fr).
Ces mesures de la loi Cazenave 2025 permettent aux entreprises conformes d’être sécurisées en réduisant une concurrence jugée déloyale.
Les mesures légales spécifiques à la rénovation
Autour des fraudes liées à la rénovation énergétique, la lutte de l’État s’intensifie. Parmi les mesures concernant spécifiquement le milieu de la rénovation :
- Une limitation de la sous-traitance et un renforcement des obligations de qualification
Depuis le 1er janvier 2026, la sous-traitance est limitée à deux rangs maximum dans le cadre de travaux d’amélioration de la performance énergétique, et ce, quels que soient le chantier et son ampleur. Dès le 1er janvier 2027, si votre entreprise fait intervenir un prestataire, vous devrez impérativement disposer du label RGE (source : ServicePublicEntreprendre).
- L’identification de France Rénov’
Les sites internet et publicités autour de la rénovation énergétique devront renvoyer vers la plateforme France Rénov’, sans quoi une amende pourra être appliquée (source Vie-Publique).
- L’encadrement du démarchage commercial
Depuis juillet 2025, les professionnels ont l’interdiction de démarcher par téléphone, SMS ou courrier au sujet de la rénovation énergétique et sans accord préalable. Cette interdiction sera élargie à tous les secteurs dès le 11 août 2026 (economie.gouv.fr).
Par ces mesures, il s’agit également de valoriser les professionnels fiables et qualifiés.
LE CHIFFRE HELLIO : 44 172 dossiers
44 172 dossiers MaPrimeRénov’ frauduleux ont pu être détectés en 2024 avant paiement indique le Sénat. En outre, la lutte contre la fraude a permis d’éviter 229 millions d’euros de versement illégitimes d’après l’ANAH (Agence nationale de l'habitat).
Hellio vous accompagne pour être toujours conforme aux aides
Les actions autour du DPE
Dans le but de renforcer la confiance dans le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) qui devient un document central, l’État a décidé de mettre en œuvre plusieurs actions, notamment :
- un durcissement des sanctions visant les mandataires frauduleux et les accompagnateurs Rénov’ impliqués dans des pratiques abusives.
- des sanctions rendues publiques afin de garantir une meilleure transparence et d’exclure durablement les acteurs fraudeurs du dispositif (source : ecologie.gouv.fr).
Parmi les autres mesures prises pour encadrer le DPE :
- la création d’un nouvel annuaire des diagnostiqueurs pour plus de fiabilité,
- la distribution des QR codes obligatoires permettant aux ménages de vérifier la qualification des diagnostiqueurs.
Pour en savoir plus : Logiciel DPE, le guide complet pour les professionnels
La qualification RGE : un atout stratégique renforcé par la loi Cazenave
Avec les nouvelles obligations et les contrôles renforcés, l’État réaffirme le rôle central des entreprises qualifiées. Le label RGE apparaît comme un marqueur de confiance pour les particuliers et un atout stratégique pour les professionnels.
Que représente la qualification RGE aujourd’hui ?
Lexique
Le label RGE représente un critère essentiel pour les clients et un gage de confiance. Il couvre les domaines de l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments, l’installation d’équipement utilisant des énergies renouvelables, les audits énergétiques et les études, la rénovation globale.
En attestant des compétences d’une entreprise du bâtiment à conduire des travaux conformes aux exigences de performance énergétique, la qualification RGE reste la clé d’accès au marché aidé.
Dans le secteur du bâtiment, environ 60 000 entreprises bénéficient de la qualification RGE en mars 2026 selon la base de données de l’Ademe. Il s’agit d’un véritable avantage pour les démarquer.
Quelles nouvelles mesures s’appliquent au label RGE ?
Plusieurs mesures de la loi Cazenave 2025 relatives au label RGE font évoluer les obligations des professionnels :
L’INFO HELLIO :
La loi va encore plus loin… Il pourra être interdit à l'entreprise fautive de candidater à tout label ou signe de qualité sur une durée de 5 ans maximum (source : Direction de l’information légale et administrative - DILA).
- L’information des clients sur le label
La détention ou la non-détention du label RGE doit désormais être explicitement communiquée dans le contrat par l’entreprise. Un justificatif fourni par l’organisme agréé stipulant l’octroi d’aide accordée en cas de détention du label doit être transmis au client avant la signature du contrat.
- L’information autour de la sous-traitance
L’entreprise faisant appel à de la sous-traitance totale ou partielle a l’obligation d’en informer son client. Les contrats concernés comprennent les prestations de service, la vente d’équipements, les travaux liés à des économies d’énergie ou production d’énergie renouvelable. L’entreprise doit indiquer à son client le nom du ou des prestataires, ainsi que la détention ou non du label RGE. Ces informations doivent apparaître de façon claire dans le contrat établi.
- Possibilité de retrait ou de suspension du label RGE par la DGCCRF
La suspension du label RGE ou de l'agrément « Mon accompagnateur Rénov' » peut être décidée pour six mois renouvelables une fois en cas de non-respect des normes par les professionnels. Il peut s’agir d’abus de faiblesse, de pratiques commerciales douteuses, de non-conformité des travaux, d’un départ du responsable technique non remplacé sous 6 mois…
Le consommateur, lui, ne sera pas pénalisé et conservera le bénéfice de l'aide octroyée si l'entreprise a perdu son label en cours de travaux (source : vie-publique.fr).
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La loi Cazenave 2025 marque un changement. Il ne s’agit plus seulement de soutenir la rénovation énergétique mais de sécuriser l’ensemble de la filière.
Vous êtes professionnel de la rénovation RGE ?
